Une facture impayée : combien pouvez-vous réclamer ?
Mis à jour le , taux et règles vérifiés ce jour-là sur les sources officielles citées plus bas
Faire le calcul (1 minute) ↓Un client qui paie en retard vous doit plus que sa facture : des pénalités s'il est professionnel, des intérêts s'il est particulier, comptés au jour près. Indiquez la somme due, l'échéance et la date du paiement : le calculateur applique le taux de votre contrat ou, à défaut, celui de la loi, semestre par semestre, puis vous donne les pistes pour vous faire payer.
Les règles appliquées, et leur source
Le calculateur n'invente aucune règle : il applique le code de commerce entre professionnels, le code civil avec un particulier, et les taux publiés par la Banque de France et par arrêté ministériel. Les voici, telles qu'elles s'appliquent au 25 septembre 2026.
Ce qui change avec votre client
| Votre client | Ce qui court, et depuis quand | Taux | Indemnité de 40 € |
|---|---|---|---|
| Un professionnel | Des pénalités, dès le lendemain de la date de règlement écrite sur la facture, sans rappel ni mise en demeure (article L441-10 du code de commerce). Sans date convenue, l'échéance tombe 30 jours après la réception des marchandises ou la fin de la prestation. | Celui de vos conditions générales ou du contrat, jamais sous 3 fois le taux de l'intérêt légal ; faute de taux écrit, celui de la BCE au 1er janvier ou au 1er juillet, majoré de 10 points. | Due pour chaque facture payée en retard, même en partie (article D441-5). |
| Un particulier | L'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure (articles 1231-6 et 1344-1 du code civil), ou de l'échéance si le contrat prévoit qu'elle vaut mise en demeure. | L'intérêt légal des créanciers professionnels. Une pénalité prévue au contrat peut être réduite par le juge si elle est manifestement excessive (article 1231-5 du code civil). | Non : la loi la met à la charge d'un professionnel en retard. |
| Un acheteur public | Des intérêts moratoires, selon les règles de la commande publique : un autre calcul, que l'outil ne fait pas. | Celui de la BCE, majoré de 8 points. | Oui, avec les intérêts moratoires. Le simulateur de Service Public Entreprendre fait le calcul. |
Les taux, semestre par semestre
Le taux de la BCE qui compte est celui en vigueur le 1er janvier pour les jours de retard du premier semestre, et le 1er juillet pour ceux du second : une décision prise en cours de semestre n'y change rien. Ainsi, le taux de refinancement porté à 2,65 % le 16 septembre 2026 ne touche pas les pénalités du second semestre 2026, calculées sur les 2,40 % en vigueur au 1er juillet ; il ne comptera pour le premier semestre 2027 que s'il est encore en vigueur le 1er janvier 2027.
| Semestre | Taux de la BCE au premier jour | Pénalités entre professionnels, faute de taux écrit | Intérêt légal, créancier professionnel | Minimum d'un taux écrit au contrat |
|---|---|---|---|---|
| 2e semestre 2026 | 2,40 % | 12,40 % | 2,75 % | 8,25 % |
| 1er semestre 2026 | 2,15 % | 12,15 % | 2,62 % | 7,86 % |
| 2e semestre 2025 | 2,15 % | 12,15 % | 2,76 % | 8,28 % |
| 1er semestre 2025 | 3,15 % | 13,15 % | 3,71 % | 11,13 % |
| 2e semestre 2024 | 4,25 % | 14,25 % | 4,92 % | 14,76 % |
| 1er semestre 2024 | 4,50 % | 14,50 % | 5,07 % | 15,21 % |
| 2e semestre 2023 | 4,00 % | 14,00 % | 4,22 % | 12,66 % |
| 1er semestre 2023 | 2,50 % | 12,50 % | 2,06 % | 6,18 % |
Taux annuels. Pour des jours de retard antérieurs au 1er janvier 2023, le calculateur ne compte rien et le dit ; pour un semestre dont les taux ne sont pas encore publiés, il retient le taux de refinancement en vigueur le jour de la vérification (2,65 % depuis le 16 septembre 2026) et le dernier intérêt légal publié, et le signale, à vérifier. Un taux écrit sous le minimum de la dernière colonne n'est pas permis, mais l'article L441-10 ne dit pas quel taux le remplace : le calculateur donne alors deux montants, au minimum légal et au taux de la loi, à faire confirmer par un avocat. La date de vérification, en haut de page, dit jusqu'où va la table.
Le calcul, ligne par ligne
| Étape | Formule |
|---|---|
| Jours de retard | Du lendemain de l'échéance (de la mise en demeure, pour un particulier) jusqu'au jour du paiement, ou jusqu'à aujourd'hui si la facture n'est pas réglée ; chaque jour du calendrier compte |
| Montant d'un semestre | Somme restant due × taux annuel du semestre × jours de retard tombés dans ce semestre ÷ 365, arrondi au centime |
| Pourquoi 365 | C'est la méthode de calcul de l'intérêt légal publiée par Service Public, qui garde 365 même une année bissextile ; le calculateur l'applique aussi aux pénalités entre professionnels |
| Pénalités ou intérêts | Somme des montants de chaque semestre |
| Indemnité forfaitaire | 40 € par facture, pour un client professionnel seulement |
| Total dû | Somme restant due + pénalités ou intérêts + indemnité |
Exemple illustratif, chiffres fictifs
Une entreprise imaginaire facture 3 000 € à un client professionnel, sans taux écrit dans ses conditions générales ; l'échéance tombe le 15 juin 2026 et le client paie le 14 septembre 2026, avec 91 jours de retard. Du 16 au 30 juin, 15 jours au taux du premier semestre, 12,15 % : 14,98 €. Du 1er juillet au 14 septembre, 76 jours au taux du second semestre, 12,40 % : 77,46 €. Pénalités : 92,44 €, plus l'indemnité de 40 €, soit 3 132,44 € dus au lieu de 3 000 €.
La même entreprise, pour une facture de 2 500 € à un particulier, envoie sa mise en demeure le 16 juin 2026 et reçoit le paiement le 15 septembre : 14 jours à 2,62 %, soit 2,51 €, puis 77 jours à 2,75 %, soit 14,50 €. Intérêts : 17,01 €, sans indemnité. Ces chiffres montrent le calcul : ils ne décrivent aucun client.
Un calcul, pas un conseil juridique.
Le calculateur applique à vos chiffres les textes et les taux publiés. Un délai de paiement propre à votre secteur, une clause particulière de votre contrat ou un client placé en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire changent la réponse : votre expert-comptable ou un avocat la confirment.
Les sources officielles
Toutes consultées le 25 septembre 2026, avec leur date de mise à jour quand elles en affichent une. Si l'une d'elles change, c'est elle qui fait foi, pas ce calculateur.
- Article L441-10 du code de commerce Légifrance, version en vigueur depuis le 26 avril 2019 (ordonnance du 24 avril 2019) : pénalités exigibles le jour suivant la date de règlement, sans rappel, taux de la BCE majoré de 10 points ou taux écrit au moins égal à 3 fois l'intérêt légal, taux du 1er janvier et du 1er juillet, indemnité forfaitaire, exception des procédures collectives.
- Article D441-5 du code de commerce Légifrance, version en vigueur depuis le 27 février 2021 : l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixée à 40 euros.
- Délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard Service Public Entreprendre, vérifié le 7 août 2026 : taux de refinancement de 2,15 % au 1er janvier et de 2,40 % au 1er juillet 2026, minimum de 8,25 %, 40 € par facture même en cas de paiement partiel, pas de TVA sur les indemnités, actes de commerce seulement.
- Les taux monétaires directeurs Banque de France, consultée le 25 septembre 2026 (dernière décision du Conseil des gouverneurs le 10 septembre 2026) : les taux des opérations principales de refinancement et leur date d'effet, dont 2,40 % depuis le 17 juin 2026 et 2,65 % depuis le 16 septembre 2026.
- Arrêté du 26 juin 2026 relatif à la fixation du taux de l'intérêt légal Journal officiel du 30 juin 2026 : pour le second semestre 2026, 6,84 % pour les créances des particuliers et 2,75 % dans tous les autres cas.
- Arrêté du 15 décembre 2025 relatif à la fixation du taux de l'intérêt légal Journal officiel du 26 décembre 2025 : pour le premier semestre 2026, 6,67 % et 2,62 %.
- Arrêté du 19 juin 2025 relatif à la fixation du taux de l'intérêt légal Journal officiel du 24 juin 2025 : pour le second semestre 2025, 2,76 % « pour tous les autres cas ». Les semestres précédents de la table viennent des arrêtés du 17 décembre 2024 (3,71 %), du 26 juin 2024 (4,92 %), du 21 décembre 2023 (5,07 %), du 27 juin 2023 (4,22 %) et du 26 décembre 2022 (2,06 %).
- Quels sont les taux de l'intérêt légal applicables durant le second semestre 2026 ? Service Public, publié le 30 juin 2026 : le taux quand le créancier est un professionnel et le débiteur un particulier, et la formule somme due × jours de retard × taux ÷ 365, avec 365 même une année bissextile.
- Calcul de l'intérêt légal Service Public, vérifié le 1er juillet 2026 : le taux applicable sur chaque période, et le tableau des taux semestre par semestre.
- Article 1231-6 du code civil Légifrance, en vigueur depuis le 1er octobre 2016 : le retard de paiement d'une somme d'argent se répare par l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure, sans que le créancier ait à justifier d'une perte. Les articles 1344 et 1344-1 disent comment se fait la mise en demeure (une sommation ou un acte qui interpelle clairement le débiteur, ou la seule échéance si le contrat le prévoit) et qu'elle fait courir l'intérêt moratoire.
- Article 1231-5 du code civil Légifrance : le juge peut modérer une pénalité prévue au contrat si elle est manifestement excessive ; sauf inexécution définitive, elle n'est encourue qu'après la mise en demeure.
- Recouvrement amiable : relance et mise en demeure de payer Service Public Entreprendre, vérifié le 27 novembre 2024 : un particulier paie en général comptant, la relance puis la mise en demeure, les petites créances confiées à un commissaire de justice, la mise en demeure du sous-traitant.
- Délais de paiement : les règles à connaître economie.gouv.fr (DGCCRF), écrit le 23 décembre 2025 : délai supplétif de 30 jours, point de départ des pénalités, taux semestriel de la BCE majoré de 10 points, minimum de 3 fois l'intérêt légal, indemnité de 40 euros.
- Tout savoir sur le taux d'intérêt légal economie.gouv.fr, écrit le 15 juillet 2026 : à quoi sert l'intérêt légal, et l'arrêté du 26 juin 2026 qui fixe les taux du second semestre.
- Simulateur : estimer les intérêts moratoires d'un marché public Service Public Entreprendre, vérifié le 1er juillet 2026 : le calcul propre aux acheteurs publics, taux de la BCE majoré de 8 points et indemnité de 40 €.
Relancer, puis se faire payer
Un montant ne suffit pas à faire payer un client. La suite : une relance bien tournée, puis des relances qui partent sans que vous ayez à y penser.